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Questions/Réponses08/01/2010- Quelle est son incidence ?
L’incidence du mélanome croît depuis plusieurs décennies. Elle double tous les 10 ans depuis 50 ans dans tous les pays du monde. L’incidence actuelle en France est évaluée à environ 7 à 9 nouveaux cas par an pour 100 000 habitants, soit une moyenne entre 5 000 à 6000 nouveaux cas chaque année, chiffres qui se situent dans la moyenne européenne. Elle est plus élevée dans l’ouest avec 11,4 nouveaux cas par an sur 100 000 habitants (trois fois plus que dans le sud-est). L’incidence varie en fonction de certains facteurs : - L’ensoleillement et les caractéristiques ethniques. Ainsi, l’incidence chez les sujets blancs est supérieure à celle des sujets à peau foncée. - L’âge ; si cette tumeur peut toucher tous les âges, elle est néanmoins rare chez l’enfant et plus fréquente chez les personnes âgées.
- Quel est le taux de mortalité ?
La mortalité en France est de 1.2 à 1.5 /100 000 habitants par an. (5/100 000 en Australie). Elle a moins tendance à augmenter que l’incidence ce qui peut être lié au diagnostic plus précoce. Le nombre de décès annuel en France par an est estimé à 1000.
Les dernières données épidémiologique sur le mélanome de l'INCA sont disponibles sur le site. Cliquez ici pour visualiser le document.
- Quels sont les facteurs qui favorisent le développement du mélanome ?
- Le Soleil
Le rôle de l’exposition solaire n’est plus aujourd’hui discuté. Plusieurs études épidémiologiques ont en effet mis son rôle en évidence. Un rôle majeur est attribué aux expositions intermittentes. Le risque de mélanome est plus élevé chez les personnes ayant reçu de nombreux coups de soleils ou ayant des loisirs extérieurs fréquents ou utilisant des cabines à UV. Toutefois le rôle des expositions cumulatives n’est pas complètement écarté. Les mélanomes malins du sujet âgé, survenant en fin de vie sur le visage en sont un exemple. L’âge de survenue des coups de soleil pourrait jouer un rôle important. En effet, les coups de soleil dans l’enfance sont associés au développement des nævus pigmentaires (grains de beauté) qui sont des bons marqueurs de risque de mélanome
- Les facteurs génétiques
Les facteurs génétiques interviennent de façon non négligeable à côté du soleil. 10 % des mélanomes malins surviennent dans un contexte familial défini comme la survenue d’au moins 2 mélanomes sur 3 générations. Plusieurs gènes sont vraisemblablement incriminés. Actuellement deux gènes de prédisposition au mélanome ont été identifiés CDKN2 situé sur le chromosome 9 et CDK4 situé sur le chromosome 12. Des recherches sont en cours sur le récepteur de la mélanocortine MCR1.
- L’immunodépression
Elle favorise la survenue du mélanome malin. Un taux accru de mélanomes malins a été mis en évidence chez les patients immunodéprimés (greffés rénaux, patients atteints de lymphomes, chimiothérapie). Ces patients doivent être surveillés de façon régulière en particulier s’ils ont de nombreux nævus.
- Les naevi (grains de beauté) préexistants
La fréquence de ces mélanomes développés sur nævi préexistants est inconnue. Les chiffres oscillent entre 10 et 70% suivant les données de la littérature. Les nævi les plus à risque de se transformer en mélanome malin sont les naevi congénitaux de taille supérieure à 5 cm. Ce risque est évalué entre 5 et 10%. La fréquence de transformation en mélanome malin des naevus congénitaux de petite taille est inconnue à ce jour. Mais la règle est de les enlever lorsque l’exérèse en est facile en particulier s’ils sont sur une zone de traumatisme.
- Quels sont les sujets à risque de mélanome?
- Les sujets ayant des antécédents familiaux de mélanome.
- Les sujets ayant des nævi multiples (grains de beauté) ++++
- Les sujets à phototype clair, cheveux roux, yeux verts, nombreuses éphélides
- Les sujets ayant reçu de multiples coups de soleils dans l’enfance (séjours prolongés dans les pays chauds dans l’enfance).
- Comment se protéger efficacement du soleil ?
Il faut apprendre à vivre avec le soleil. Savoir vivre avec le soleil peut se résumer en trois points :
- Eviter les rayons solaires entre 12 H et 16H nuisibles pour la peau même avec une crème solaire.
- Ne pas exposer les jeunes enfants au soleil.
- Se rappeler que la meilleure protection solaire reste le tee-shirt et le chapeau. Pour les zones qui ne peuvent être protégées par un vêtement il convient d’utiliser une crème solaire UVA et B avec un indice minimal de protection vis à vis des UVB d’au moins 20, et de la renouveler tous les 2 heures.
Cliquez ici pour télécharger les recommandations de l’afssaps sur le protection solaire. Rappelons que nous vivrons de plus en plus vieux, que nous usons donc davantage « notre capital solaire » augmentant ainsi notre risque de cancers cutanés dont le mélanome.
- Quelle est la place de la prévention dans le traitement du mélanome ?
Il existe deux types de prévention :
- La prévention primaire
Elle est basée sur les conseils de protection solaire ou plus exactement « de conduite pratique vis à vis du soleil ». Les enquêtes grand public montrent que les français connaissent les risques de cancers cutanés induits par le soleil mais sans que cela modifie leurs habitudes solaires. Des campagnes de sensibilisation ont lieu en France, mais semblent de peu de poids encore. Pour être efficaces, elles doivent être répétées ce qui coûte cher.
- La prévention secondaire
Elle est basée sur le dépistage précoce des mélanomes. On peut distinguer :
- L’auto surveillance réalisée par le patient lui-même, qui a l’avantage de pouvoir être réalisée fréquemment mais qui nécessite une formation par le médecin ou l’infirmière.
- Le dépistage précoce par le médecin lors de visites régulières. Ce type de dépistage est essentiellement envisageable pour des sujets à risque. Le personnel para médical, notamment les infirmières peuvent participer à ce dépistage.
- Les campagnes de dépistage qui permettent de sensibiliser la population au risque du mélanome, mais ont l’inconvénient de ne toucher le plus souvent que les personnes acceptant une démarche volontaire de dépistage. Elles doivent être répétées pour être efficaces.
En Octobre 2006 l'HAS à produit les recommandations suivantes concernant le diagnostic précoce du mélanome :
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